Genève, 29 avril 2014 – Pour marquer la Journée internationale de la liberté de la presse, la Fondation Cartooning for Peace/Dessins pour la Paix et la Ville de Genève remettront le Prix du Dessinateur de presse 2014 à deux caricaturistes de talent qui risquent leur vie pour exercer leur art : l’Egyptienne Doaa Eladl, et le Palestinien de Syrie Hani Abbas. Le public sera par ailleurs invité à une exposition de 100 dessins de presse, le long du Quai Wilson, sur le thème « La guerre dans tous ses états », cent ans après le début de la Première Guerre mondiale.

1914-2014 : deux guerres mondiales, quatre génocides, utilisation d’armes atomiques contre des populations civiles, guerres de décolonisation, guerres civiles et cyberguerre. « La science en ce domaine débride l’imagination humaine. Et surtout celle des dessinateurs de presse qui célèbrent la liberté d’expression avec pour armes de conviction massive : leur audace, leur talent et leurs crayons », a affirmé le Président d’honneur de Cartooning for Peace, Kofi Annan, Prix Nobel de la Paix 2001.

« La Fondation Cartooning for Peace et la Ville de Genève ont uni leurs efforts pour offrir à des dessinatrices et dessinateurs courageux l’un des plus beaux espaces de la capitale mondiale des droits humains, le bord du lac, pour que le public puisse admirer des œuvres fortes et satyriques qui dénoncent les atteintes aux droits de la personne sous toutes les latitudes », a déclaré le Conseiller administratif de la Ville de Genève Guillaume Barazzone, qui remettra le Prix du Dessinateur de presse 2014 aux côtés de Kofi Annan, en présence des dessinateurs Patrick Chappatte (Le Temps/International New York Times), Jean Plantu (Le Monde) et Liza Donnely (The New Yorker), membres de Cartooning for Peace.

Dessinatrice en Egypte, Doaa est une artiste reconnue dans le monde arabe. Elle a conquis par son talent et son impertinence un bastion traditionnellement masculin en choisissant de s’attaquer aux sujets les plus délicats de la société égyptienne, dont la situation des femmes et le harcèlement sexuel. Un dessin représentant Adam et Eve chassés du Paradis, publié en 2012, lui a valu les foudres de la censure et une plainte pour propos blasphématoires des autorités. Bien que les dessins de Doaa incitent les gens à s’exprimer démocratiquement, elle ne souhaite pas être présentée en héroïne.

Le regard d’un artiste peut dénoncer l’indicible. Un dessin peut changer un destin. Hani Abbas, dessinateur né en 1977 dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk en Syrie, en a fait l’amère expérience. Après avoir posté un dessin sur Facebook en 2012, immortalisant une fleur symbole de la révolte syrienne, ce jeune professeur a été menacé par les services secrets syriens. Contraint de fuir la Syrie avec femme et enfant, Hani Abbas s’est réfugié en Suisse où il continue de dénoncer l’horreur d’une tragédie par son talent et un sens de l’humour décapant.

Après Genève, l’exposition de Cartooning for Peace sera à Sarajevo, le 28 juin 2014, grâce à un partenariat avec la Fondation WARM désireuse d’exposer, dans la capitale de la Bosnie-Herzégovine, les 100 dessins de presse, dans le cadre du 100e anniversaire de l’attentat contre l’archiduc d’Autriche qui a déclenché la Première Guerre mondiale.